Gaucherie « Gaucher de la main, parce que droitier du cerveau »

A la Renaissance, apparaît une notion nouvelle, celle du « savoir vivre ». Il fallait utiliser « sa belle main » pour manger, sauf que pour les gauchers, « la belle main », c’est la gauche.

Jugée inconvenante, il fallait y remédier et on a commencé à contrarier les gauchers, coup fatal pour l’apprentissage de l’écriture. Pour les gauchers récalcitrants, c’est des  coups de règle sur les doigts, la main gauche attachée dans le dos, ou encore une prothèse pour « aider » les gauchers à écrire de la « belle main ». Quand l’école devient universelle au XIX ème siècle, adieu la tranquillité! Les gauchers passent à l’infernale broyeuse.

Il faut attendre 400 ans, pour s’apercevoir que les gauchers étaient des gens normaux, avec même une particularité par exemple dans les sports d’adresse et de balles/ballons. Prenons l’exemple du tennisman droitier : lorsqu’il s’apprête à renvoyer la balle, son cerveau analyse les données (vitesse, position, déplacement..) et envoie l’information à son cerveau gauche pour commander la réaction à la main droite. C’est une réponse en 2 temps !

« Gaucher de la main, parce que droitier du cerveau »

Chez le gaucher, le mécanisme est différent, car le traitement et le contrôle du geste se font dans un seul hémisphère du cerveau. Autrement dit, sa réponse de réaction sera plus rapide (quelques millisecondes !). Chez des personnes déjà prédisposées à ce sport (Nadal, Macenroe, Leconte…),  cela peut suffire à donner l’avantage.

Excepté les ambidextres (1% de la population), il y a environ 13% de gauchers  (soit 913 millions), et seulement 1% chez les personnes de plus de 80 ans.  Il a été remarqué que les garçons sont un peu plus souvent gauchers que les filles.

Le gaucher intégral ne touche que 3% de la population. Savoir de quelle main on écrit, ou lance une balle ne suffit pas à se définir gaucher ou droitier, car  les yeux, les pieds, les oreilles (presque tous les organes du corps qui vont par deux) ont aussi leur préférence*. Il existe ainsi différents degrés de latéralité.

L’important est d’avoir une latéralité équilibrée.

Pour écrire, les gauchers doivent incliner le bas de la feuille 30° à gauche, en essayant d’écrire sous la ligne d’écriture afin de ne pas contrarier le mouvement gauche / droite de  notre alphabet … sauf pour Léonard de Vinci, qui compliquait l’exercice en écrivant le latin en miroir de droite à gauche avec facilité et habilité.

  • pour connaître son oeil directeur : Quel est l’oeil « locomotive » pour la vision de prés? Comment faites vous un clin d’oeil? celui qui reste ouvert peut être le directeur. Pour des raisons musculaires, il faut confirmer ce test par d’autres tests.  Quand on lit le journal, par exemple, on peut « sentir » cet oeil qui travaille davantage.  Faites un trou dans une feuille : regardez dans l’interstice. Celui qui regarde par le trou peut être le directeur. Regardez par le trou d’une serrure, dans un kaléidoscope, un télescope, ou comment visez vous? 
  • Pour connaître son oreille de préférence : de quel coté placez-vous votre portable?
  • pour connaître son pied directeur : prenez votre élan pour shooter dans un ballon. 

FM pour Ecriture87.fr

Sources : 

Je suis gaucher. Pierre Michel BERTRAND

Lesgauchers.com 

« Gaucher en difficulté » La latérapédagogie, une richesse inexploitée de Joëlle Morice. (ISBN : 9782740316856 / ed : Pierre Téqui Editeur / 144 p. )